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  • Jennifer LE QUELLEC

La dépendance affective c'est quoi?



C'est le besoin de remplir un vide intérieur par l'intermédiaire d'une personne, d'une attention ou d'une chose qui vient de l'extérieure.


J'ai besoin de toi pour me sentir aimé

J'ai besoin de toi pour me sentir en sécurité

J'ai besoin de toi pour me sentir entier.ère

C'est le besoin constant de l'autre pour être combler.


Mais moi dans tout ça? au final, est-ce que je m'apporte qque chose?!?

est-ce que je me suffit à moi-même?!?


Toute dépendance prend naissance dans un refus (inconscient) à faire face à votre propre souffrance et à la vivre. Et ce qu'il y a d'étrange avec la dépendance affective c'est que l'on s'abandonne soi-même pour éviter d'être abandonner par l'autre.


Le manque, c’est quoi ?

Pour mieux comprendre ce qu’est le manque, on peut commencer par voir ce qui différencie une envie d’un besoin.

Un besoin, c’est ce qui doit être comblé en nous pour notre survie ou notre équilibre psychique. Manger, boire, dormir sont des besoins physiologiques qu’on ne peut négliger.

Les besoins psychologiques universels tels que l’appartenance, l’amour, le partage, sont également nécessaires à notre épanouissement.

Une envie ou un désir, c’est un élan tournée vers l’extérieur de nous-même. C’est une stratégie pour satisfaire un besoin. Comme d'aller au resto, faire du shopping, se retrouver entre ami.es sont autant de stratégies pour satisfaire des besoins : partage, contact physique etc. Et le plus souvent pour éprouver du plaisir quand tous les besoins sont satisfaits.

Besoin indéniable, envie révocable

Le besoin est à l’intérieur de nous et ne peut être changé, il s’impose à nous via nos émotions. Plus le besoin est fort, plus l’émotion est intense. Nier nos émotions et nos besoins peut avoir des conséquences néfastes pour notre bien-être et pour notre santé.

L’envie, elle, peut être écartée, au profit d’autres stratégies qui vont satisfaire les besoins concernés, au prix de ce qu’on appelle la frustration. Elle durera tout le temps de l’attente ou s’atténuera jusqu’à disparaitre à mesure qu’on acceptera d’autres stratégies.

Et le manque alors ?

Le manque, c’est quand on laisse notre cerveau confondre une envie et un besoin.

J’ai besoin de toi !

Ce “besoin” n’est pas universel : tout le monde n’a pas besoin de ce “toi” et il est situé à l’extérieur de moi. ce “toi” est une stratégie qui sert à combler un ou plusieurs de mes besoins.

Le manque issu de cette confusion peut avoir des effets très variés. Il peut se traduire simplement par des attentes non exprimées vis à vis de l’autre et des émotions non avouées, étouffées. Quand les émotions sont légères, le malaise est supportable. Toutefois, la répétition peut amener ces émotions à se manifester avec de plus en plus d’intensité, jusqu’à ce qu’elles submergent complètement la personne. Des émotions disproportionnées et des comportements extrêmes peuvent alors apparaitre : des accès de colère, des crises de jalousie, une méfiance perpétuelle qui en amène à surveiller l’autre, etc.

Beaucoup de personnes sont convaincues qu’on ne peut aimer si on ne ressent pas au moins un peu ce manque. Pour elles, il est impensable de dissocier cette notion de manque du sentiment amoureux, c’est même souvent un signe qui leur indique qu’elles aiment. Malheureusement, il s’agit le plus souvent d’un signal de dépendance affective que d’amour.


D’où vient le manque ?

Lorsque l’enfant nait, il n’est pas autonome. Vous savez qu’un nourrisson seul, ne peut pas survivre ? Et c’est d’autant plus difficile pour lui qu’il ne parle pas et n’a aucun moyen de communiquer pour exprimer ses besoins.

La mère développe alors une empathie particulière à l’égard de son enfant et la relation entre eux devient osmose. C’est à dire qu’elle apprend à décoder des signaux inconscients de la part de son enfant afin de subvenir à ses besoins.

C’est cette osmose que nous vivons souvent au début d’une relation amoureuse. Vous connaissez ça ? Nous n’avons même pas besoin de parler, l’autre nous comprend, nous le comprenons. Nous pouvons devancer ses désirs avant qu’il les exprime. C’est magnifique et extrêmement agréable, merveilleuse réminiscence d’un temps béni ! Malheureusement, ma propre expérience m’a appris que ça ne dure jamais.

Cette osmose, constitue une étape dans le développement de l’enfant. Mais l’amour de sa mère ne se limite pas à cela et doit lui permettre, ainsi que la présence de son père, d’aller au-delà pour faire l’apprentissage de la séparation et de l’autonomie.

Et après, on devient quoi ?

L’enfant, en acquérant la parole, est sensé apprendre à exprimer ses besoins afin de devenir de plus en plus autonome. Cet apprentissage, qui est le plus souvent remis au bon vouloir des inconscients de la mère et de l’enfant, est parfois un peu bâclé. Pour peu que certains besoins n’aient pas été suffisamment écoutés et nourris, une carence s’installe.

L’angoisse de séparation par exemple survient vers le 8ème mois de l’enfant et mérite une attention particulière pour éviter que se développe chez l’enfant un sentiment d’insécurité.

Par la suite, l’enfant, plus âgé, qui sait parler, continue à pleurer pour obtenir ce qu’il veut, par exemple. La mère le comprend et s’exécute pour le satisfaire, ou pas. Dans un cas comme dans l’autre, l’adulte en devenir n’a pas appris à prendre conscience de ses propres besoins et encore moins à les exprimer. Adulte, il s’en remet alors à l’être qui lui témoigne le plus d’affection, ou en tout cas, celui qui est le plus présent pour les satisfaire.

Vous commencez à comprendre ?

Lorsque cet autre adulte, qui a ses propres besoins, n’est plus aussi disponible pour prendre en charge les vôtres, vous commencez à ressentir le manque. Car pour votre inconscient, cet autre n’est pas seulement la seule stratégie possible pour les satisfaire, il incarne totalement le besoin. C’est comme si vous étiez encore un être vulnérable et que votre survie en dépendait. La carence crée un schéma qui se répète inconsciemment.



Alors l’amour, c’est quoi ?

Ma définition personnelle de l’amour serait “donner sans rien attendre en retour”. C’est un don inconditionnel. C’est pour cela qu’il peut exister en dehors même de toute relation de couple. L’amour existe partout où on est prêt à le voir, la nature est amour par exemple.

Aimer, c’est d’abord savoir se combler soi-même avant de pouvoir combler l’autre.

Lorsque dans une relation, il reste des attentes inconscientes, l’amour est soumis à conditions : tu es digne de mon amour seulement si tu remplis mes besoins. Sinon, je ne peux pas, ou ne peux plus t’aimer, au risque de me nier et d’en souffrir, car je ne suis pas capable de combler mes besoins moi-même.

Comment combler le manque ?

Vous l’avez compris, le manque n’est pas lié à l’autre mais est inscrit en nous. C’est la répétition d’un schéma inconscient qui remonte à l’enfance.

Comprendre cela peut déjà être un premier pas vers la guérison.

Listez vos besoins

Ensuite, chercher les besoins qui doivent être nourris au moment où on ressent le manque ou la peur du manque.

En mettant des mots sur les besoins qui sont sensés être comblés par la présence de l’autre, vous allez reprendre du pouvoir sur vous-même. Vous ne subirez plus une peur irrationnelle mais vous saurez exactement à quoi correspond la stratégie que vous avez mise en place.

Peu à peu, à force de prendre conscience de vos besoins, vous allez apprendre à les exprimer pour devenir libre. Vous pourrez formuler des demandes à votre partenaire afin qu’il ou elle contribue à vous rendre la vie plus belle. Mais vous saurez aussi mettre en place d’autres stratégies pour combler ces besoins s’il ou elle refuse.

Vous accepterez de plus en plus facilement que l’autre puisse vous dire non en comprenant qu’en vous disant non, il dit oui à d’autres de ses besoins. Et vous serez également libre d’en faire de même.

Prenons l'exemple de l'absence de son ou sa chéri.e, le câlin est donc impossible. Si on envisage le câlin comme un besoin, son insatisfaction va générer de la frustration, du manque, ou toutes sortes de tensions psychiques. En revanche, si on parvient à déceler que sous l’envie de câlin, il existe un besoin de douceur, alors on va pouvoir envisager de mettre en œuvre d’autres stratégies. Une bonne comédie romantique sous la couverture en mangeant de la glace par exemple Je sais, c’est cliché. Mais vous pouvez envisager un tas d’autres options : un appel à une amie, un bon bain chaud, etc.


Si aucune stratégie n’est satisfaisante, en ayant identifié le besoin, vous pouvez aussi plus facilement accepter qu’il demeure insatisfait. Vous savez qu’il est là. Les tensions pourront s’apaiser car vous allez pouvoir commencer à imaginer à quel moment et de quelle façon vous pourrez le nourrir plus tard.

Et vous, comment vivez-vous le manque et la frustration ? Avez-vous déjà eu le sentiment d’être dépendant(e) de votre amour ? Personnellement oui, mais j'y travail ;)


En chemin avec vous

Jennifer.

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